RICHARD BAQUIÉ

EPSILON

Richard Baquié – héros de la scène marseillaise des années 1980-1990, trop tôt disparu – est de nouveau présent sur la Friche de l’Escalette, dont il fréquentait assidûment l’ancienne casse automobile, en quête de pièces détachées pour ses sculptures.

Son oeuvre complexe sous un apparent bricolage est éminemment conceptuelle mais n’est jamais sèche et froide. Elle recèle la poésie de Marseille, sa ville natale, sa violence et sa chaleur et met à jour des éléments cachés, des rêves d’enfance, une poétique.

 

Traduisant le désenchantement des années 80, Epsilon (1986), installation constituée d’une épave carbonisée de R16 – icône de la voiture familiale et de l’âge d’or industriel des trente glorieuses – fait face à Zéro, constitué de quatre grandes lettres découpées en tôle ondulée, faisant écho au titre qui s’approche du néant et aux lettres découpées dans la carrosserie d’un troisième élément mural qui indiquent : Rien juste la mémoire de la lumière, tandis qu’un gros ventilateur obturant la portière fait vibrer la sculpture dans un bruit cataclysmique.

Cette oeuvre phare a été exposée en 1986 au Guggenheim Museum de New York dans l’exposition : Angles of vision : French Art Today.

 

Plus calmement, l’exposition se poursuit avec deux reliefs muraux, Tokyo (1989) et Alexandrie (1990), composés de fuseaux (horaires) en tiges de fer, photomontages, cartes, verre et néon… traduisant l’attirance de Baquié pour le voyage, la fuite, l’écoulement du temps…

Deux très beaux dessins de 1992, Approche frontale et Approche de face concluent l’exposition.

En écho à l’exposition de la Friche de l’Escalette, la visite du nouveau MAC* s’impose, dans lequel figurent plusieurs oeuvres majeures de Baquié.
*Musée d’Art Contemporain de Marseille

Photo Yves Gallois

Photo Yves Gallois

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