JEAN PROUVÉ NORD-SUD

ARCHITECTURE - ART

Exposition
sur rendez-vous
29 juin
30 septembre 2018

PAVILLON DE LORRAINE 6 X 9

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BUNGALOW DU CAMEROUN

Fidèle à sa ligne directrice, la Friche de l’Escalette présente pour sa troisième exposition estivale de l’architecture légère dans le cadre somptueux des ruines de l’usine à plomb de la calanque de l’Escalette.

Deux structures de Jean Prouvé représentent la quintessence de l’architecture métallique préfabriquée, légère, nomade, écologique… qualités alliées à une ingéniosité, une simplicité et une esthétique unique, dont le génial « tortilleur de tôles » de Nancy a été un précurseur majeur.

 

PAVILLON DE LORRAINE 6 X 9

JEAN PROUVÉ, FABRICATION ATELIERS JEAN PROUVÉ, MAXÉVILLE, 1944-1945

Hauteur au faîtage 2,90 m. Encombrement au sol 6 x 9 m.

Modèle de maison commandé à la Libération aux Ateliers Jean Prouvé, par Raoul Dautry, ministre de la reconstruction, pour reloger les habitants de la Lorraine sinistrés par les bombardements. Réalisés à quelques centaines d’exemplaires, en plusieurs formats, dont une vingtaine a survécu.

 

« Il faut des maisons usinées.
(…) Les maisons préfabriquées, c’est le grand dada actuel. Pourquoi usinée ? Parce qu’il s’agit plus seulement de fabriquer un ou plusieurs petits éléments d’une maison destinée à être assemblée, mais que tous les éléments correspondent à ceux d’une machine que l’on monte entièrement mécaniquement, sans qu’il soit nécessaire de fabriquer quoi que ce soit sur le chantier. Les matières qui constituent les éléments peuvent être extrêmement variées, aller du bois à l’acier (…) J’étais assez partisan de la construction mixte; on obtient par l’acier la précision, une certaine solidité, de la rigidité, et le bois entre dans la construction comme pellicule de la maison (…) Il faut montrer au public que la maison usinée est une maison confortable, et vaincre la routine ».

Jean Prouvé, il faut des maisons usinées, 1946

Ce modèle est particulièrement rare dans ce format, équipé de deux portiques axiaux.

Le modèle 6 x 6 m, équipé d’un seul portique, est plus répandu.

Système modulaire préfabriqué livré en kit sur le lieu de montage, comprenant:
La structure porteuse en tôle d’acier pliée

Deux portiques axiaux supportent la poutre faîtière divisée en trois parties.
Les pannes reposent sur la poutre faîtière et sur la poutre sablière en périphérie.

Des montants verticaux, intercalés entre les panneaux de mur, viennent soutenir la poutre sablière.
L’ensemble en tôle d’acier pliée, laquée vert pour les portiques et métallisé pour la poutre faîtière et les pannes. L’intégralité des parties métalliques est originale.

Un espace circulaire est aménagé au centre de chacun des deux portiques permettant d’y insérer un tuyau de poêle.

L’enveloppe

Des panneaux standardisés à double paroi, en lattes de sapin clouées sur bâti, dont environ 20 % ont été remplacées, constituent le plafond et les murs. L’isolation intérieure est refaite à neuf.

Le plancher est constitué de larges planches de sapin peintes remplaçant le plancher d’origine trop endommagé.
La toiture en tôle ondulée a été remplacée au modèle.

RESTAURATIONS ET PROJET D’AMÉNAGEMENT

Afin de redonner une vie, donc une utilité à ce bâtiment, des travaux d’aménagement seront réalisés afin de l’adapter en habitation aux normes de confort actuelles, respectueuses de l’environnement et privilégiant les énergies renouvelables.

- Six panneaux de façade vitrés apportent un meilleur éclairage dans la maison et une touche contemporaine intéressante. Les panneaux en bois d’origine sont bien entendu conservés pour un remontage à l’identique.

- La cellule d’habitation sera équipée d’un module salle de bains, d’un module toilettes, d’un module kitchenette et d’un module placard- penderie.

- L’alimentation électrique sera effectuée par un panneau solaire disposé sur le toit et par une petite éolienne, avec possibilité de raccordement au réseau existant.

Le public pourra découvrir ces aménagements réalisés, dans la maison toujours sur place à l’été 2019

BUNGALOW DU CAMEROUN - HABITAT TROPICAL EN ZONE HUMIDE
MODÈLE STANDARD À MODULE SIMPLE
JEAN PROUVÉ & ATELIER D’ARCHITECTURE LWD, 1958-1964

Périphérie cellule habitation délimitée par les quatre poteaux porteurs 8,75 x 8,75 m. Périphérie terrasse 13,41 x 12,85 m.
Hauteur sous faux plafond cellule habitation 2,93 m.
Hauteur au faîtage 3,61 m.

Les façades en aluminium de Jean Prouvé – habillant le prototype comme les modèles standards – constituent le « morceau de bravoure » de ces structures et leur confèrent une esthétique extraordinaire, tant vues de l’extérieur que de l’intérieur.

Jean Prouvé conçoit en 1958 un prototype unique d’Habitat Tropical en zone humide, à charpente métallique, réalisé par les Constructions Jean Prouvé et par la société Travaux d’Afrique. C’est ce prototype qui a été exposé en 2016 Friche de l’Escalette.

Il est le fruit de la collaboration entre Jean Prouvé, ingénieur conseil, et l’Atelier d’architecture LWD (Lagneau, Weill & Dimitrijevic) et concrétise les recherches prospectives d’un système d’habitat industrialisé pour les pays tropicaux et en particulier pour l’Afrique Noire.

À la différence des Maisons Tropicales de Jean Prouvé (1949-1950), le procédé étudié ici ne visait pas l’industrialisation complète de la construction, mais la production en série de trois éléments métalliques standards, associés au bois et au ciment produits localement.

Ces éléments standards consistent en un bac de toiture et une onde de façade en aluminium ainsi qu’un poteau porteur en tôle d’acier.

Il s’agissait de créer les conditions d’une synthèse des techniques artisanales et modernes.

La recherche de la mise en valeur des ressources naturelles du Cameroun a orienté les architectes.

vers l’utilisation du bois tropical de diverses essences (okan, sapelli, sipo) – largement utilisé pour les modèles de série – et de l’aluminium, dont le Cameroun est toujours un important producteur grâce à l’usine Alucam, ancienne filiale de Péchiney-Aluminium Français située à Edéa, fournisseur des bacs de toiture.

Après simplification du prototype et abandon de la charpente métallique trop onéreuse au profit d’une charpente en bois de fabrication locale, ces recherches aboutiront en 1964 à la réalisation d’un programme de classes et logements d’instituteurs, lancé au Cameroun sur concours international du fonds européen.

 

C’est l’un de ces rares bungalows d’habitation pour instituteur, à module simple – car il existe également des bâtiments à deux modules – rescapé de la destruction par les termites, le climat et le manque d’entretien… que nous exposons cette année Friche de l’Escalette.

La structure porteuse

La structure est constituée de quatre poteaux tubulaires de section carrée en tôle d’acier pliée, laqués bleu – plus bas et trapus que ceux du prototype – qui supportent deux fermes latérales sur lesquelles reposent huit pannes. L’intégralité de la charpente est en bois tropical.

Ces quatre poteaux forment une trame modulaire de 8,75 x 8,75 m permettant l’assemblage de deux modules pour famille nombreuse, et allant jusqu’à cinq modules assemblés pour les bâtiments scolaires.

In situ les quatre poteaux porteurs étaient boulonnés sur des massifs en béton disposés autour de la chape en béton délimitant la surface intérieure de l’habitation.

Ces fondations en béton ont été remplacées par une structure métallique démontable reposant sur des plots métalliques, simplement posés sur le sol et boulonnés à la structure.

Un plancher en okan habille la base en métal largement débordante, constituant une terrasse sur les quatre côtés du bâtiment.

Ce bâtiment est donc dépourvu de fondations mais parfaitement stable et à même de résister aux intempéries et phénomènes naturels les plus violents grâce à la rigidité et au poids élevé de sa base métallique monobloc.

Le toit parapluie-parasol

Le parti adopté propose une toiture en bac aluminium, généreusement dimensionnée, constituant un parapluie-parasol dont la structure et la stabilité sont indépendantes de la cellule d’habitation qu’elle abrite.

Le large débord de la toiture met à l’ombre du soleil et à l’abri de la pluie la cellule d’habitation.

La protection thermique est assurée d’une part, par la ventilation permanente de l’espace libre entre le parapluie-parasol et le faux plafond de la cellule d’habitation, et d’autre part, par la ventilation transversale apportée par les panneaux coulissants à ondes perforées.

Les ondes de façade en aluminium

Façades avant et arrière sont identiques.

Chaque façade comprend deux panneaux centraux coulissants sur tringle en bois en partie haute et tringle métallique tubulaire en partie basse, faisant office de portes, encadrés par deux panneaux fixes.

Un panneau se compose de deux montants latéraux rainurés, dans lesquels viennent s’insérer sept grandes ondes horizontales en tôle d’aluminium nervurée (contre huit ondes sur le prototype).

Ces ondes, conçues spécialement par Jean Prouvé, sont perforées en partie inférieure pour assurer un éclairage diffus et une ventilation permanente.

Deux panneaux verticaux, à lattes de bois et lames de verre orientables encadrent le module.

Le nombre et la répartition des panneaux de façade change en fonction de l’utilisation du bâtiment en logement ou en salle de classe et selon les modèles à simple ou double modules.

RESTAURATIONS ET AMÉNAGEMENTS

- Les murs latéraux en parpaings du montage d’origine in situ ont été remplacés par un bardage en larges planches de bois tropical peint en gris ciment respectant au plus près l’aspect original.

- Les parties défectueuses de la charpente ont été remplacées à l’identique dans une proportion de 30 % environ. L’intégralité du bâtiment a été traitée contre les insectes xylophages.

Afin de redonner une vie, donc une utilité à ce bâtiment, des travaux d’aménagement seront réalisés afin de l’adapter en habitation aux normes de confort actuelles, respectueuses de l’environnement et privilégiant les énergies renouvelables.

- La cellule d’habitation sera aménagée d’un module salle de bains, d’un module toilettes, d’un module kitchenette et d’un grand placard-penderie de Jean Prouvé et Charlotte Perriand provenant de l’Unité d’Habitation Air France de Brazzaville (Congo).

- L’alimentation électrique sera effectuée par un panneau solaire disposé sur le toit et par une petite éolienne, avec possibilité de raccordement au réseau existant.

- Le chauffe-eau solaire et la climatisation seront installés sur une plate-forme aménagée entre deux fermes, et dissimulée dans la partie centrale de l’espace compris entre la toiture et le plafond de la cellule d’habitation.

Le public pourra découvrir ces aménagements réalisés, dans la maison toujours sur place à l’été 2019.

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