Marjolaine Degremont
Touching the sky

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Exposition
01 juillet 2016
30 septembre 2016

C’est une longue histoire d’amitié qui me lie à Marjolaine Dégremont.

Son art si personnel, reflet allégorique de son parcours de vie semé d’épines, que toujours elle surmonte avec une sorte de grâce presque surnaturelle, exerce sur moi une étrange attirance comme peuvent le faire des lieux familiers retrouvés après des années d’absence, ou des souvenirs enfouis qui remontent à la surface.

Tous les matins je salue «l’œil du chat », son guetteur de bronze, qui depuis une dizaine d’années campe fièrement sur ma terrasse, sous le grand cèdre de l’impasse Mallet-Stevens.

C’est donc tout naturellement, que je lui ai demandé d’être la première à inscrire sa touche poétique sur la Friche de l’Escalette, là où son inspiration la guiderait.

 

© C. Baraja - E Touchaleaume. Archives Galerie 54, Paris.

Dans ce lieu de mémoire par excellence, aujourd’hui si calme, elle a jeté son dévolue sur la « Fosse de la Concasseuse », qui jadis abritait un monstre à vapeur broyant le minerais et les fourmis humaines nourrissant le Moloch.

À l’intérieur de cette sculpture en négatif imprimé dans le sol, dont elle a chaulé les parois d’un blanc immaculé, elle dresse l’une de ses échelles arachnéennes, qui, des profondeurs, jaillit vers le ciel d’azur comme un message d’espoir.

Son échelle pour l’Escalette est soigneusement construite en branches de buis, écorcées et longuement polies.

Le choix de ce bois précieux, doux au toucher, dont elle a elle-même sélectionné et coupé les sujets dans le petit bois attenant à sa maison-sculpture en Champagne, n’est pas anodin.

Exposé aux intempéries, il blanchit comme un vieil os… le blanc, toujours le blanc, sa couleur fétiche.

ERIC TOUCHALEAUME –  juin 2016

 

© C. Baraja - E Touchaleaume. Archives Galerie 54, Paris.

Mon projet TOUCHING THE SKY est une approche structurelle et sensible ; c’est une rencontre entre l’urbanisme et l’art contemporain.
C’est un projet d’intervention in-situ d’un groupe de sculptures entièrement intégrées au site naturel ou urbain.
Ce sera une approche symbolique et linguistique d’un site à aménager, le jeu des proportions, le choix des matériaux … un site en friche ou en travaux.

J’ai créé mes premières « échelles » il y a une quinzaine d’années, puis elles sont restées rangées sans être vues.
En 2013 j’ai eu envie de les reprendre et surtout d’aboutir à un projet d’environnement publique, ou l’objet sculpture démultiplié n’est pas seulement un objet que l’on regarde, mais il devient un environnement ludique avec lequel le spectateur va exister, va vivre. Ces sculptures feront partie de l’espace urbain, et elles prendront une dimension toute autre selon l’espace où elles se trouveront, elles seront créées spécialement pour cet espace en tenant compte des proportions de l’espace et de l’être humain.

C’est la relation entre l’installation et l’humain qui est le principal enjeu d’une création comme celle là.

 

© C. Baraja - E Touchaleaume. Archives Galerie 54, Paris.

Comment va-t-on s’approcher, s’approprier cette forêt de métal, va-t-on s’y faufiler ?
S’y arrêter ? S’appuyer contre ? Les toucher ?
Les mots que le spectateur posera sur ces objets. La symbolique qui se comprendra d’intuition.

Le sens symbolique de « l’échelle » comme élément d’élévation, depuis l’échelle de Jacob dans la Bible, jusqu’aux échelles des clandestins pour escalader le mur.

Depuis 2013,  j’ai créé une vingtaine d’échelles (actuellement elles sont en bois avec un socle de ciment) ce sont des maquettes. Elles sont très stables, mais fragiles. Pour être pérennes elles doivent être réalisées en métal ou en résine. Soit en bronze peint, soit en fonte d’aluminium argenté poli – elles pourraient également être faites en résine avec une armature en métal. Cela pour un projet d’œuvre définitive dans un endroit précis.

Cette forêt d’échelles doit se trouver dans un endroit de passage. Le spectateur devient le lecteur de l’œuvre, au fur et à mesure qu’il la parcourra il découvrira sa symbolique et son langage.

MARJOLAINE DEGREMONT, octobre 2014 

© C. Baraja - E Touchaleaume. Archives Galerie 54, Paris.

Marjolaine Dégremont est née à Buenos Aires en 1957 et vit actuellement entre Paris et la Marne.

Artiste et activiste, elle est autodidacte. Son travail traite du rapport entre Soi, l’espace et l’Autre. Il prend des formes très diverses et labyrinthiques avec un fil autobiographique constant, il défend par là même une grande dimension de liberté.
Nombre de ses projets ont imaginé des croisements entre sculpture, intervention in situ, installation sonore, littérature et idéal politique.

© Sacha KETOFF.

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